S
i c'est votre première visite, avez vous pensé à lire à vos enfants le Prologue ?

 

Librement inspirée des souvenirs personnels

des bons anges gardiens de Sybille et Emmanuelle qui reconnaîtront l'aventure

si leur maman leur lit... 



 

s_raphin_lit_a_etage_2_version_blogBonne maman et Bon papa habitent à la campagne dans une belle maison qui a un immense jardin. Corentin y va souvent avec maman et papa. Le petit garçon aime beaucoup cet endroit. Il y retrouve tous ses grands cousins, Bonne Maman a toujours des petites gâteries pour le bambin et Bon Papa l’emmène faire de la balançoire dans le parc.

Les choses sont beaucoup moins amusantes pour Séraphin car c’est très compliqué de surveiller un bébé dans une si grande demeure. Heureusement que le petit ange peut voler aussi vite que la lumière dans les longs couloirs de la maison. En effet, Corentin a fait beaucoup de progrès et il se déplace maintenant rapidement sur ses deux petites jambes. Il s’amuse beaucoup à courir dans la maison avec ses cousins. 

Bonne maman a installé les enfants les plus grands dans une chambre avec des lits à étage. Corentin, lui, est dans une pièce à côté de maman et il dort dans le lit qu’elle avait quand elle était petite. Le petit bonhomme y trouve un gros coffre contenant tous les jouets anciens, ceux de maman évidemment mais aussi ceux de ses oncles et tantes ; celui qu’il préfère est un vieux pantin de bois et il le promène partout, tout fier de sa trouvaille. 

Pendant que le bébé découvre les merveilles de sa chambre, Séraphin s’amuse aussi beaucoup. Il saute et ressaute sur le lit pour rebondir encore et encore sur l’édredon en plume. L’angelot éclate de rire, un rire pur comme l’eau la plus claire même si personne ne peut l’entendre. 

A l’heure du repas des enfants, c’est une belle bousculade dans la cuisine qui sent bon la soupe de légumes et le pain grillé. Autour de la grande table, les cousins se retrouvent et c’est à celui qui rira le plus fort ; Corentin qui est le plus petit, trône sur sa chaise haute. Parfois, Bon Papa surgit, fronce les sourcils et demande un peu de calme. Malgré son air sévère, les yeux du grand-père sourient et les enfants éclatent de rire. Ils ne sont pas les seuls à bien s’amuser. 

Dans un coin de la pièce, tous leurs anges gardiens sont regroupés dans une joyeuse mêlée. De temps en temps, l’Archange Gabriel apparaît, frappe dans ses mains et rappelle leur mission aux petits anges qui baissent alors les yeux piteusement. 

Après le dîner, les enfants regagnent l’étage en courant. Commencent alors les courses poursuites dans les couloirs et les batailles de polochons. Corentin est encore trop petit pour participer à ces jeux et il regarde ses grands cousins fasciné. Parfois, ils le prennent dans leur bras et le font tourner, et tourner et tourner encore. Le bambin éclate de rire. Séraphin, lui, ne s’amuse pas du tout. Il n’aime pas ces jeux là et volète autour des enfants craignant l’accident à tout moment. 

Ce soir là, personne ne voit que Corentin a quitté le couloir où jouent les cousins. Toujours aussi curieux, le petit garçon est parti à l’aventure explorer une nouvelle pièce. C’est la chambre des grands. Il y entre d’abord d’un pas hésitant puis, voyant que personne ne l’arrête, il s’avance un peu plus vite. Sur le tapis, les enfants ont laissé traîner des jouets qui paraissent comme autant de trésors pour le bébé qui s’empresse de les attraper. Il y a là un beau livre illustré avec un château fort en relief et surtout, il y trouve aussi une locomotive qui crache de la fumée en faisant des tuuuuuuuuuuuuut tuuuuuuuuuuuuuuuuuuut 

Séraphin a bien sûr suivi Corentin. Il est encore un peu essoufflé car lui aussi  s’est bien amusé à voler dans les couloirs le plus vite possible avec ses amis les autres anges gardiens. L’angelot a un mauvais pressentiment. Comme tous les anges gardiens, il peut lire dans l’esprit de son protégé et il sent bien que Corentin a une idée derrière la tête.  Séraphin ne se trompe pas. Ni le livre, ni la locomotive n’intéressent vraiment l’enfant. 

Ce que Corentin a vraiment remarqué et qui l’attire plus que tout, c’est le lit à étage. Séraphin a suivi le regard du bébé et à tout de suite compris ce qu’il s’apprête à faire. Le petit garçon délaisse vite les jouets, se redresse et s’avance vers l’échelle du lit.  Ses menottes en agrippent les montants et, barreau, après barreau, il grimpe. Il est maintenant assis sur le lit du haut. Il rit aux éclats et tape dans ses mains, heureux et fier de son exploit. Terrifié, le petit ange a suivi la périlleuse escalade de son protégé et il soupire de soulagement de le voir arrivé au sommet de l’échelle sans dommage. 

Mais le soulagement de Séraphin ne dure qu’un instant. Corentin s’ennuie un peu sur ce lit. Il n’y a pas de jouet là haut et il a laissé le pantin de bois sur le tapis. Comment descendre ? Le petit bonhomme se penche un peu au-dessus de la rambarde du lit, « oh lala que c’est haut » se dit-il, les yeux mouillés de larmes.  Le bébé se met alors à appeler : «Maman !  Maman ! ».  Hélas, personne ne l’entend ; sa petite voix est couverte par les cris et les galopades des grands qui s’amusent toujours dans le couloir. Seul Séraphin peut voir la détresse de Corentin mais il ne peut rien faire pour le transporter ailleurs ; ce n’est pas dans ses pouvoirs. 

Au bout de quelques minutes, comme personne ne vient l’aider, le garçonnet décide de descendre tout seul de son perchoir. C’est à reculons qu’il entame sa descente sous le regard affolé de son petit protecteur. Un échelon, puis encore un et tout à coup le petit pied dérape. 

C’est la chute !  Plus vite que la lumière Séraphin se place alors sous le corps du bambin et déploie ses ailes ce qui a pour effet de freiner la dégringolade de l’enfant.  En effet, comme tous les anges gardiens Séraphin peut ralentir le temps une infime seconde, juste ce qu’il faut pour sauver l’âme dont il a la charge. L’angelot a les joues toutes rouges de fournir un tel effort ; c’est que Corentin est un petit garçon bien dodu ! Heureusement, la chute est interrompue par un crochet fixé sur l’un des montants de l’échelle.  L’angelot débrouillard y accroche le pyjama du bébé qui reste ainsi suspendu quelques secondes à quelques centimètres seulement du sol. 

Crac ! Le pyjama se déchire et voilà Corentin à nouveau projeté à terre. Le petit garçon se met à hurler. Séraphin est catastrophé car il n’a pu éviter que Corentin n’ait une grosse bosse sur le front. Recroquevillé dans un coin de la pièce, l’angelot a recouvert sa tête de ses grandes ailes. Son désarroi est tel que l’Archange Gabriel apparaît instantanément « Ne sois pas triste Séraphin, ta mission est d’éviter le pire et tu y es parvenu ; sans ton ingéniosité, ton petit protégé aurait certainement eu beaucoup plus de mal qu’une simple bosse.  » 

Toutes les mamans sont montées à l’étage pour coucher la joyeuse bande de cousins. Celle de Corentin se précipite quand elle entend pleurer son bébé. D’un regard, elle comprend ce qu’il s’est passé. Elle prend vite le petit garçon dans ses bras pour le consoler : « eh bien mon Chéri, je crois que l’on peut dire merci à ton Ange gardien »  murmure-t-elle en le couvrant de baisers. C’est le cœur à nouveau en joie que Séraphin accompagne Maman et Corentin pour la prière du soir.

 S.Sicart 2010- reproduction interdite, tous droits réservés